« Servir un bon plat, ça ne suffit plus : les clients recherchent une expérience globale » – Maxime Dagneaux (Bonne Compagnie)

Maxime Dagneaux – Responsable Communication du groupe Bonne Compagnie
Si vous êtes montpelliérain, les noms de La Dune Club, du Muchacha, ou encore du Terminal#1 ne vous sont certainement pas inconnus. Il s’agit de trois établissements emblématiques du groupe Bonne Compagnie. Fondé il y a dix ans par Julien Manival, le groupe est aujourd’hui l’un des principaux acteurs de la restauration et du divertissement dans la capitale héraultaise et sa métropole. Restaurants, bars, rooftops, plage privée ou encore club : Bonne Compagnie fait évoluer ses concepts au rythme des nouvelles attentes des consommateurs. Pour notre série « Ils font bouger les lignes du CHR », Maxime Dagneaux, responsable communication du groupe, dévoile comment la marque n’a de cesse de se réinventer dans un marché en pleine mutation.
Bonne Compagnie s’est fortement développé ces dernières années. Aujourd’hui, cela représente quoi ?
Maxime Dagneaux : Bonne Compagnie est un groupe CHRD créé il y a une dizaine d’années par Julien Manival. Nous exploitons aujourd’hui 7 établissements à Montpellier et dans sa métropole : Le Muchacha, Le Coyot, Le Terminal#1, Le Lili, La Dune Club, Le Yepa et La Terrazza. Ils ont tous des profils très différents : restaurant, bar, bar festif, rooftop, plage privée ou encore club de nuit. En haute saison, nous employons jusqu’à 400 collaborateurs. En parallèle de Bonne Compagnie, nous avons créé un deuxième groupe CHRD « Must Group » associé avec le groupe Partouche, avec lequel nous développons aujourd’hui des établissements sur la Côte d’Azur et à Paris. Et peut-être bientôt à l’international.

Comment votre métier a-t-il évolué ces dernières années ?
Le véritable tournant a été le Covid. Cette période a profondément modifié les habitudes de consommation et nous avons dû nous réinventer très vite. Je m’explique : nous nous sommes aperçus que nos clients voulaient désormais pouvoir dîner, faire la fête et profiter d’une ambiance au même endroit, sans changer d’établissement. Nous avons aussi noté qu’ils commencent leurs soirées plus tôt et les terminent plus tôt. Nous avons donc dû adapter nos concepts. Sinon vous vous retrouvez avec des établissements qui ne fonctionnent pas.
Pouvez-vous nous en dire plus sur ces changements d’habitudes ?
Les nouvelles générations, comme la Gen Z, ne vont plus seulement au restaurant pour bien manger. Servir un bon plat, ça ne suffit plus. Elles recherchent une expérience globale : la décoration, la musique, l’accueil, la vaisselle, l’ambiance… tout ce qui participe à l’émotion, à l’expérience. C’est pourquoi nous avons des établissements aux univers très marqués que nous les faisons évoluer tous les quatre ou cinq ans afin de suivre les tendances. La cuisine aussi a évolué. Nos clients sont plutôt adeptes d’une cuisine de partage, inspirée notamment des influences sud-américaines. Mais l’an prochain ce sera peut-être autre chose…
Les plages privées constituent une branche d’activité du groupe. Quelles nouvelles tendances observez-vous sur ce segment ?
Nous constatons une vraie montée en puissance du bien-être. Les clients recherchent toujours le plaisir d’une journée en bord de mer, mais ils veulent aussi manger plus sainement. Nous avons donc développé une offre de restauration « healthy » avec des produits frais, des jus détox ou encore des boissons enrichies en collagène. Aussi, et c’est assez révélateur : aujourd’hui, nous vendons en journée davantage de jus de fruits frais que de cocktails. La consommation d’alcool est clairement en baisse.
Comment reste-t-on dans l’air du temps ?
Nous sommes en veille permanente. Nous suivons les tendances musicales, les programmations des festivals, mais aussi ce qui fonctionne aux États-Unis, à Paris ou sur la Côte d’Azur, sans oublier les réseaux sociaux qui sont devenus un excellent baromètre de ce qui plaît.
Selon vous, quelle sera la grande transformation du CHR dans les prochaines années ?
Pour nous, elle passera par la data et l’intelligence artificielle, c’est une évidence. Nous disposons d’une quantité importante de données sur nos clients. L’enjeu est désormais de les exploiter pour mieux comprendre leurs attentes, personnaliser leur expérience et leur proposer les bonnes offres au bon moment. Nous développons d’ailleurs actuellement un outil interne qui nous permettra d’aller encore plus loin dans cette démarche.
A quoi ressemblera Bonne Compagnie dans cinq ans ?
Notre priorité est d’abord de consolider les établissements ouverts ces dernières années. Nous souhaitons également ouvrir un nouvel établissement saisonnier en bord de plage à Montpellier. Quant au développement national et international, il passera principalement par Must Group. Notre ambition est de créer des lieux de vie où l’on vient autant pour partager une expérience que pour se restaurer.

