« Le CHR reste un pilier de l’attractivité de l’Occitanie » – Jean-François Rezeau (CCI Occitanie)
Partenaire du salon SIPRHO, la CCI Occitanie accompagne chaque année plus de 4 000 professionnels du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration. Malgré un contexte économique marqué par l’incertitude, son président, Jean-François Rezeau, veut croire en la capacité d’adaptation du secteur et rappelle les nombreux leviers d’accompagnement proposés par le réseau consulaire.

Comment analysez-vous la conjoncture actuelle du secteur CHR en Occitanie ?
Comme le montre notre enquête de conjoncture trimestrielle, le début d’année confirme une situation tendue. L’activité ralentit, les comportements d’achat sont plus prudents et les réservations plus tardives. Les professionnels doivent également absorber des hausses de coûts importantes. Pour autant, il faut garder une vision de long terme : le tourisme reste un moteur essentiel de l’économie régionale et constitue un socle solide pour les cafés, hôtels et restaurants.
Quelles sont aujourd’hui les principales difficultés qui pèsent sur la rentabilité des établissements ?
La pression sur les marges est aujourd’hui très forte. Les établissements doivent faire face à des coûts de l’énergie toujours élevés, à la hausse des matières premières, notamment alimentaires, ainsi qu’à l’augmentation des coûts d’approvisionnement. Dans certaines villes, le poids des loyers constitue également une charge fixe très importante.
Dans ce contexte, les entreprises absorbent une partie de ces hausses sans pouvoir les répercuter intégralement sur leurs prix. Ce modèle atteint aujourd’hui ses limites. On observe déjà des arbitrages sur les investissements ou sur l’organisation des établissements. Cette situation traduit une véritable phase d’adaptation, durant laquelle les professionnels doivent repenser leur modèle économique pour retrouver des marges de manœuvre.
Comment rester compétitif face aux nouveaux modes de consommation et aux difficultés de recrutement ?
Les établissements doivent capitaliser sur leurs forces : la qualité de l’accueil, le professionnalisme et l’expérience client, tout en intégrant davantage les outils numériques. Le recrutement reste un défi majeur. Il passe par une meilleure attractivité des métiers, la formation, notamment via l’apprentissage avec Purple Campus l’organisme de formation des CCI d’Occitanie, mais aussi l’accompagnement et la montée en compétences des dirigeants.
Comment la CCI Occitanie accompagne-t-elle concrètement les professionnels ?
Concrètement, le réseau des CCI d’Occitanie est mobilisé au quotidien pour accompagner les entreprises, avec une approche très opérationnelle :
- accompagnement stratégique pour définir un positionnement et un plan d’actions,
- appui à la transformation digitale pour améliorer la visibilité et les réservations,
- diagnostics et conseils sur l’énergie, l’eau ou les déchets pour réduire les charges,
- accompagnement RH pour recruter et fidéliser,
- appui à la conformité réglementaire et aux démarches de labellisation.
Plus de 4 000 professionnels du tourisme sont accompagnés chaque année par les CCI dans la région, avec un suivi de proximité et des solutions concrètes adaptées à leurs enjeux.
Malgré les difficultés, voyez-vous des raisons d’être optimiste ?
Oui, plusieurs éléments permettent de rester confiants. L’Occitanie dispose d’atouts exceptionnels : une forte attractivité touristique, une offre très diversifiée et des professionnels qui savent innover. (lien vers note eco tourisme) Les entreprises qui sauront se différencier, maîtriser leurs coûts et répondre aux nouvelles attentes des clients continueront à se développer. Le message que je souhaite adresser est un message de lucidité, mais aussi de confiance.
Selon vous, à quoi ressemblera le secteur CHR dans 5 ans en Occitanie ?
Le secteur va continuer à se transformer en profondeur. Il sera plus attentif à ses coûts, plus digitalisé et davantage engagé dans les transitions environnementales. Les attentes des clients continueront d’évoluer, avec une demande accrue de qualité, de transparence et de flexibilité, ce qui obligera les établissements à s’adapter en permanence.
On voit aussi émerger de nouvelles pratiques, comme l’automatisation de certaines tâches, avec par exemple l’apparition de robots serveurs ou d’outils numériques plus poussés. Ces évolutions resteront probablement ciblées, mais elles peuvent contribuer à améliorer les conditions de travail et à répondre aux difficultés de recrutement.
Pour autant, le cœur du secteur restera inchangé autour de la relation humaine, la qualité de l’accueil et l’expérience client. C’est cet équilibre entre innovation et savoir-faire qui fera la différence dans les années à venir, et qui permettra au secteur de rester un pilier de l’attractivité et de la vie économique en Occitanie.
