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CHR en Occitanie : sous pression, mais loin de décrocher

Le CHR occitan traverse une zone de turbulences, mais il tient bon. Activité en retrait, trésoreries sous pression et consommateurs plus attentistes n’empêchent pas le secteur de préserver l’emploi et de conserver un poids majeur dans l’économie régionale. À partir des dernières données de la CCI Occitanie, le SIPRHO prend le pouls d’une filière sous tension, mais toujours en mouvement.

Un secteur sous pression, mais toujours bien ancré dans l’économie régionale

Pouvoir d’achat contraint, fréquentation en retrait, réservations de plus en plus tardives, marges sous tension… En 2026, les professionnels de l’hôtellerie-restauration, des bars et des cafés continuent d’évoluer dans un environnement économique exigeant. Pourtant, derrière une conjoncture difficile, le secteur conserve en Occitanie un poids considérable et montre plusieurs signes de résistance.

Cet article est réalisé en se basant sur les sources suivantes : Panorama économique CCI Occitanie, juin 2026 ; Enquête de conjoncture Occitanie, 2ᵉ trimestre 2026, publiée en juillet 2026 ; Note Éco #5, « La conjoncture économique des 5 grands secteurs d’activité d’Occitanie en 2025 », mars 2026.

Plus d’un établissement sur dix en Occitanie appartient au CHR

Premier constat : l’hôtellerie-restauration reste un acteur économique incontournable de la région. Au 31 mars 2026, 11 % des 385 721 établissements recensés dans les cinq grands secteurs étudiés par la CCI Occitanie appartiennent aux hôtels, cafés et restaurants. Cela représente, par déduction, plus de 42 000 établissements à l’échelle régionale.

Le poids du secteur se mesure également en matière d’emploi : 9 % des quelque 1,056 million d’emplois salariés couverts par l’étude de la CCI Occitanie sont concentrés dans le CHR, soit de l’ordre de 95 000 emplois salariés.

Ces chiffres rappellent à eux seuls l’importance de la filière dans l’économie régionale, mais aussi son rôle dans l’attractivité touristique et la vitalité des territoires.

Une année 2025 marquée davantage par la résistance que par le décrochage

Dans un contexte économique déjà tendu, le secteur avait relativement résisté en 2025. Le chiffre d’affaires des cafés, hôtels et restaurants n’a reculé que de 0,2 % sur l’année. Surtout, l’emploi est resté stable dans le CHR, là où le commerce enregistrait un léger recul de ses effectifs.

2026 : une activité sous tension…

Le deuxième trimestre 2026 confirme néanmoins les difficultés auxquelles sont confrontés les professionnels. Sur les 385 dirigeants du CHR interrogés par la CCI Occitanie, 57 % déclarent un chiffre d’affaires inférieur à celui enregistré un an auparavant, contre 29 % qui le jugent stable et 14 % qui constatent une progression.

Près d’un professionnel sur deux juge également son carnet de commandes insuffisant. Parmi les explications avancées : un pouvoir d’achat plus contraint, les arbitrages des consommateurs, une moindre fréquentation et des réservations qui interviennent de plus en plus tardivement.

La pression se retrouve logiquement dans les trésoreries : près de cinq établissements sur dix les jugent faibles, tandis que les marges peinent encore à se reconstituer.

Ces difficultés ne sont d’ailleurs pas propres au CHR. Au deuxième trimestre, l’activité est également orientée à la baisse dans le commerce et les services, tandis que construction et industrie font elles aussi face à un manque de visibilité.

…mais des entreprises qui continuent à tenir

Dans ce tableau contrasté, plusieurs indicateurs méritent pourtant d’être soulignés.

Le premier concerne une nouvelle fois l’emploi. Malgré la baisse d’activité, les effectifs du CHR restent globalement stables au deuxième trimestre 2026, avec même un « très léger rebond » observé par la CCI.

Autre enseignement : si 40 % des professionnels interrogés se disent pessimistes sur l’avenir de leur entreprise, 60 % ne le sont donc pas : 24 % expriment une opinion positive et 36 % une position neutre.

Pour leurs prévisions d’activité 2026, 47 % envisagent de maintenir leurs perspectives, tandis que 5 % pensent pouvoir les revoir à la hausse.

La photographie de 2025 montrait également qu’une entreprise du CHR sur deux se considérait encore en bonne santé financière, malgré une année déjà compliquée.

S’adapter pour préparer le rebond

Le secteur CHR occitan traverse donc moins une crise de modèle qu’une période de forte tension économique. La demande existe, mais elle se transforme : les consommateurs arbitrent davantage leurs dépenses, réservent plus tard et deviennent plus attentifs au rapport qualité-prix et, plus largement, à la valeur de l’expérience proposée.

Pour les professionnels, cette nouvelle donne impose de continuer à adapter les modèles : maîtrise des coûts et des consommations, optimisation des marges, évolution des cartes et des offres, nouveaux outils de gestion, fidélisation de la clientèle ou encore recherche de concepts capables de créer de la valeur au-delà du seul produit.

Avec plus de 42 000 établissements, près de 95 000 emplois salariés et un emploi qui continue de résister malgré le ralentissement de l’activité, le CHR conserve surtout des fondamentaux solides en Occitanie.

Dans une région où tourisme, gastronomie et art de vivre occupent une place majeure, la capacité des professionnels à s’adapter constitue sans doute l’un des principaux motifs de confiance pour les mois à venir.

Sources : CCI Occitanie – Enquête de conjoncture Occitanie, 2ᵉ trimestre 2026, publiée en juillet 2026 ; Note Éco #5, « La conjoncture économique des 5 grands secteurs d’activité d’Occitanie en 2025 », mars 2026.

Crédit photo : Photo : Christopher Politano / Unsplash

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